La réappropriation culturelle, un levier sous-estimé par les investisseurs pour bâtir des filières industrielles africaines compétitives.
- Nathalie Daouda

- 22 déc. 2025
- 2 min de lecture

En Afrique, la culture ne doit plus seulement être un supplément d’âme, elle peut /doit devenir une ressource économique pour les chercheurs, les entrepreneurs et les investisseurs africains. Nos cultures sont autant de viviers de techniques, de symboles, d’ingénieries anciennes qui, bien réactivées, pourraient devenir le socle de filières industrielles modernes puissantes.
Pourtant, cette évidence n’a jamais été pleinement intégrée dans une écrasante majorité des stratégies de développement économique sur le continent. Au contraire, la culture y est "folklorisée" et limitée à des activités touristiques ou événementielles. Et, l’industrialisation dans nos pays (particulièrement les pays francophones), est pensée "hors-sol", extravertie, copiant des modèles occidentaux ou asiatiques. Les chaines de valeurs promues s’appuient essentiellement sur les ressources enfouies et les productions naturelles de rente, largement déconnectés des forces et besoins réels endogènes des pays.
Mais un mouvement important est en train de se développer et qui prend ancrage dans la réappropriation culturelle par les jeunes actifs africains. Porté massivement par les diasporas au début, puis désormais les artistes, les chercheurs, les artisans et une jeunesse avide de sens, ce mouvement révèle une vérité structurante ; nos patrimoines immatériels contiennent les fondations techniques, économiques et identitaires nécessaires à la construction d’industries locales résilientes et différenciées.
L’exemple de la filière indigo au Bénin, tel que le montre le travail de Mme Nadia Adanlé, fondatrice de Couleur Indigo, n’est pas seulement un cas inspirant, c’est un véritable prototype de modèle industriel vertueux pour l’Afrique. Le modèle de Couleur Indigo ouvre une perspective stratégique qui veut que la culture soit la matière première d’une nouvelle économie africaine performante. Lire la suite dans le magazine K-World page 16.






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